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Colloque " Juifs et protestants entre "affinités électives" et dialogue impossible (XVIe-XXe siècle, aires francophones et germanophones) "

Publié le 18 octobre 2017 Mis à jour le 20 novembre 2018

Le 31 octobre 2017, les célèbres thèses de Martin Luther, considérées comme le point de départ de la Réforme, auront 500 ans. Alors que « l'année Luther » bat son plein en Allemagne et donne lieu à maintes cérémonies et conférences, la question des relations entre juifs et protestants reste un des points les plus controversés dans l'histoire du protestantisme.

Date(s)

du 16 novembre 2017 au 17 novembre 2017

16 novembre 2017 : 10h-17h30
17 novembre 2017 : 9h-16h,

Lieu(x)
16 novembre 2017
Université de Nanterre, Bâtiment Max Weber (W)
17 novembre 2017
Salle de réunion de l'Association des Anciens de l'École
Polytechnique, 5 rue Descartes (75 005)


Descriptif :


Afin de situer cette question épineuse dans un contexte élargi permettant une nouvelle mise en perspective, le colloque s’intéressera en particulier à la manière dont ces relations ont évolué dans les espaces germanophone et francophone (France, Allemagne, Suisse) et se propose d’interroger ces liens d’un point de vue culturel, sociologique, historique, politique, littéraire, philologique et spirituel. Si, dans les deux aires culturelles, la Réforme constitue incontestablement une césure dans les relations entre les deux religions, son impact ne semble pas être le même d’un pays à l’autre. En France, du fait de la situation minoritaire des deux religions, on peut constater l’existence des nombreuses alliances entre juifs et protestants, en parlant, comme le fait Patrick Cabanel, d’« affinités électives », marquées par des « liens et [des] regards, [des] emprunts et parfois [un] coude à coude entre deux minorités », alors que dans l’espace germanophone, les relations entre juifs et protestants sont généralement présentées comme bien plus tendues et inégales. Ainsi l'élite protestante de la fin du XIXe siècle aurait vu dans les juifs des « gebildete Doppelgänger » (Uffa Jensen), des doubles qui suscitaient des craintes justement parce qu'au terme d'une intégration réussie dans la société allemande, ils leur ressemblaient de plus en plus.

Les interrogations sur les visions juives du protestantisme et sur les visions protestantes du judaïsme ainsi que sur l’interaction entre les deux communautés religieuses, qui doivent être envisagées dans leur pluralité et diversité, constitueront le fil directeur de cette conférence. De l’incompréhension qui peut engendrer la persécution, à la tolérance, jusqu'à l'ébauche d'un dialogue, voire de projets interreligieux, il s'agira de mettre en lumière ces « proximités complexes » entre juifs et protestants. L'asymétrie fondamentale entre aire francophone et aire germanophone, aussi bien que les liens tissés au cours des siècles, seront au cœur des réflexions. Si les protestants français se sont beaucoup identifiés, au cours de leur histoire, à l'Israël de la Bible juive, notamment dans les périodes de « traversée du désert », ne peut-on pas observer des formes d'identification similaires entre protestants et juifs dans les territoires de langue allemande au point que les termes de « sensibilité particulière » (André Kaspi) ou de « fraternité exigeante » (Jean-Charles Tenreiro) s'appliqueraient également à l'espace germanophone?

Mis à jour le 20 novembre 2018